Revolution Victoria and Albert Museum Oct 2016

 

You Say You Want a Revolution? Records and Rebels 1966-1970

EXPOSITION  Victoria and Albert Museum, Londres, jusqu’au Dimanche 26 Février 2017

“Comment les revolutions commencées dans les années 60 ont façonné notre quotidien et continuent à alimenter notre futur.”

How have the finished and unfinished revolutions of the late 1960s changed the way we live today and think about the future?

Les années 60 n’ont cessé de faire couler de l’encre. Leur caractère quasi mystique pour certains, leur transition consciente entre guerres ouvertes et guerres froides pour d’autres ou leur fertilité créative ont favorisé cette nostalgie nourrie de chansons incontournables. Les anglais en particulier ont une affection pour cette ère qui a consacré leur culture pop et établi Londres comme centre de mode et de rayonnement favorisant une nouvelle façon d’expérimenter, de consommer, de communiquer.

Après le succès de l’exposition sur David Bowie, le “Victoria and Albert Museum” recidive avec une miriade de photos, posters, costumes, bandes son et video, et vestiges multiples d’un monde en transition.

Nous sommes équipés d’écouteurs sensoriels qui réagissent à la localisation, la visite commence avec le rythme entraînant d’une guitare électrique et d’une basse énergique. On oublie vite que le son n’est pas en notre contrôle et on se laisse guider. Nos sens sont stimulés et sollicités de toutes parts, des murs couverts de vieux vinyls:  Bob Dylan, Joan Baez, Alice Coltrane, James Brown, Simon and Garfunkel, aux coupures de presse couvrant les scandales de l’époque. On découvre la chaise d’Arne Jacobsen sur laquelle Christine Keeler de l’affaire Profumo a posé nue pour Lewis Morley, on visionne des videos de Kennedy et on écoute des bandes radio passant les discours politiques de Martin Luther King (Profumo, ministre de la guerre, avait démissionné  en 1963 après la mise à jour de ses mensonges devant le parlement sur sa liaison avec la call-girl Christine Keeler. Elle mettait en cause la sécurité nationale de par ses liens avec un agent Russe).

La pilule, la télévision, la crise des missiles à Cuba, le contexte de guerre nucléaire possible, la crainte du communisme sont illustrés sur fond de musique pop qui continue à couler dans notre casque au gré de nos arrêts. Cette révolution en marche est dirigée par les jeunes et la culture populaire. Les groupes sont objecteurs de conscience et donnent le ton par les paroles de leurs chansons souvent engagées. On parle de désarmement, de droits civils et de paix.

Sur fond de “We shall all be free one day” de Joan Baez et Bob Dylan “The times they are a ’Changin’ ”, des livres fondateurs exposent l’omniprésence de drogue en toile de fond:

Adolf Huxley “Les portes de la perception” expérimente avec le fonctionnement de la perception après ingestion de mescaline, un cactus indien qui procure des visions colorées.

Ken Kesey “Vol au dessus d’un nid de coucous” puise son inspiration dans sa participation comme cobaye humain dans un programme de la CIA sur les effets des médicaments psychotropes.

Le baby boom d’après-guerre et la croissance ont favorisé les projets artistiques de toutes sortes, la découverte de nouveaux matériaux, le PVC, le Perspex, les nouveaux graphismes comme ceux de David Roe pour les affiches pop art des festivals de l’île de Wight.  On admire la désinvolture des vêtements de ces nouvelles boutiques qui voient le jour: Bazaar à Kings Road, Biba sur Carnaby Street. De jeunes modèles comme Twiggy, photographiée par Cécil Beaton, atteignent des niveaux de popularité inégalés. Le film “Blow-up” de Michelangelo Antonioni, projeté ici, capture l’esprit de ces années en mettant en scène Thomas, un photographe de mode qui se trouve témoin involontaire d’un meurtre qu’il a accidentellement photographié. Le contraste entre glamour, succès et une recherche existentialiste est posé.

Nous sommes impressionnés par la foison de détails et d’objets qui concourent à ressentir une époque plutôt que de la faire défiler en 2 ou 3D.

Ainsi la notion nouvelle de méritocratie est mise en relief avec des photographies telles que l’acteur Michael Caine et le photographe Terry O’Neill, tous deux nés à Londres et dont le parcours est relaté. Des prospectus destinés à dissuader les activistes de Black Panther, imprimés par la CIA, témoignent des outils de propagande.

De même la réalisation que le monde et la conscience humaine doivent changer est gravée dans les sillons de l’album des Beatles “Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band”. Sorti en Juin 1967, ce fut un succès monumental, resté numéro 1 pendant 27 semaines. Alan Aldridge illustre pour eux “Revolution” en 1968 et crée la symbolique graphique associée à la révolution culturelle.

Les accessoires et objets relatent les manifestation d’étudiants en 1968, leur lutte contre le capitalisme, le consumérisme et les valeurs traditionnelles. La lutte féministe, les droits des homosexuels, la discrimination contre les noirs sont également présents, couverts en fond sonore avec un rock punk allemand dont on a hâte de finir. La succession de sons et de voix dans les écouteurs se veut par moments fragmentée pour mieux refléter l’ambiance chaotique.

Nous sommes pourtant émus en découvrant des poèmes et des témoignages de la guerre du Vietnam et du Cambodge. Leurs échos sonnent près.

On accède ensuite à l’espace communication qui traite de la publicité, accusée de promouvoir le matérialisme. Les murs sont couverts de papier peint qui reprend des encarts de magazine en les déployant à perte de vue, la culture du jetable est popularisée par Priscilla Chapman dans le Sunday Times en 1964.

Puis pour reposer le visiteur sonné de tant de stimulations graphiques et sonores, on accède à la salle des concerts qui est la réplique d’un Woodstock festival avec d’énormes coussins posés au sol pour se poser en regardant l’écran géant projetant des clips.

Sur fond sonore de Marvin Gaye “What’s going on”, on lit cette phrase de Noam Chomsky reproduite en grand sur le mur, parlant du néo-libéralisme:

“Instead of citizens, it produces consumers. Instead of communities, it produces shopping malls. The net result is an atomized society of disengaged individuals who feel demoralized and socially powerless.”

“Plutôt que des citoyens, on produit des consommateurs. Plutôt que des communautés, on produit des centres commerciaux. Le résultat est celui d’une société atomisée faite d’individus sans parti qui se sentent démoralisés et sans véritable pouvoir”

Les questions ouvertes par les révolutions des années 60 sont encore d’actualité. Cette immersion les ravive.

En quittant l’exposition aux sons de “Imagine” par John Lennon, on s’’interroge sur cette vision d’un monde meilleur qui caractérisait l’époque. L’aurions nous perdue ?

One Comment Add yours

  1. Senaida says:

    Thanks for finally writing about >Revolution Victoria and Albert
    Museum Oct 2016 – Nadine Badra consulting <Liked it!

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